Une brique G7 ne se pose pas comme un parpaing. Une méthodologie et des outils adaptés existent. Des formations sont organisées par les fabricants. Hélas, la majorité des chantiers en cours dans le Trégor (mi 2004) montrent à l'évidence que les règles de mise en oeuvre ne sont pas respectées. Ce n'est sûrement pas par mauvaise volonté des ouvriers mais par ignorance et tout simplement parce qu'on ne leur a pas donné la possibilité de se former. Néanmoins, il y a des gens plus ou moins soigneux...

Le maître d'ouvrage qui choisit ce matériau à donc tout intérêt à aller voir des réalisations concrètes du maçon qui sera retenu par son constructeur (cette précaution ne se limitant pas à la seule brique G7, bien entendu). Comme toujours, il vaut mieux prévenir que guérir. Lorsque les travaux sont engagés, il est très difficile voire impossible de corriger. La solidité de l'ouvrage ne sera pas remise en cause généralement mais les performances thermiques attendues ne seront pas au rendez-vous.

Voici donc quelques exemples de réalisations. Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste pour être à même de juger la qualité du travail ...

Quel massacre !!!

L'art de saboter la pose de la brique G7

Combien d'anomalies de mise en oeuvre détectez-vous dans cette illustration ?

Pour visualiser ce que nous en pensons, cliquer sur l'image.

Regardez çà ! Là encore, des briques à structure horizontale et verticale sont mélangées. Des joints verticaux énormes. Et pourtant, il existe un outil dédié à la coupe des briques : c'est une scie alligator. Cette scie permet de réaliser des coupes parfaites et d'ajuster les briques au millimètre.
Il est aussi possible d'utiliser une meuleuse d'angle munie d'un disque adapté.
Ce n'est guère mieux !!!
Et voilà ! Ca existe les bons outils !
Idem pour les joints sur cette photo. Les maçons n'ont pas dosé l'épaisseur du joint de façon à assurer une pose bien horizontale. Regardez la brique du milieu dans la rangée supérieure !!!
C'est de guingois !
Plutôt que de couper une brique, on met deux planches tenues par des serre-joints et on coule du béton entre les deux. Encore des ponts thermiques !
Par contre, voici un travail acceptable. Difficile de savoir si le joint a été réalisé au gabarit (le joint visible en bout de mur à gauche est continu sur la totalité de l'épaisseur de la brique). Cependant, il a au moins le mérite d'être régulier. Il n'y a qu'un seul joint vertical par rangée. C'est toléré car la longueur d'un panneau n'est pas forcément un multiple de la longueur de la brique. Et donc forcément, il faudra couper une brique, ce qui supprimera l'évidement semi circulaire et contraindra le maçon à effectuer un joint vertical. Par ailleurs, dans cet exemple, les briques à structure alvéolaire verticale ne sont utilisées qu'à l'extrémité du mur à gauche et dans l'angle à droite. Correct ! Pas mal !
Il n'y a pas que dans les Côtes d'Armor que l'on trouve des gouniafiers ! Un adhérent finistérien nous a transmis les photos suivantes. Pas mal non plus ...
L'art d'utiliser les chutes de brique et de créer de magnifiques ponts thermiques. De plus, l'artisan réalise-t-il vraiment une économie en utilisant ces chutes compte tenu du temps passé pour les assembler ? Pas sûr du tout !

Que pensez-vous du rampannage ?

1- Il est réalisé avec du mortier et non du béton

2- Ou est le ferraillage ? C'est tout de même cet élément qui donne au pignon sa rigidité !

3- Les artisans sérieux coulent le rampannage en une seule fois. Dans cet exemple, la bétonnière étant vidée, on a remis au lendemain la finition de l'ouvrage. Ce n'est pas sérieux et indigne de vrais professionnels.

Et une petite dernière en provenance du Finistère. Pour réaliser des angles à 45°, il existe des briques adaptées. Les fabricants ont bien évidemment prévu ce cas ! Ici, on a encore utilisé des morceaux et colmaté les trous avec du mortier.

Ce qui est plus préoccupant, c'est de savoir sur quoi s'appuient les linteaux et le chaînage horizontal entre les deux ouvertures. A priori, aucun chaînage vertical n'a pu être réalisé avec cet assemblage de morceaux de briques !

Et voilà la première au top 50. Si vous trouvez mieux en matière de réalisation d'angles, n'hésitez pas à nous expédier les photos !

 

Voici par exemple un extrait de la documentation Bouyer Leroux. Il est clair qu'en utilisant le bloc multi-angles, on fait d'une pierre deux coups : on obtient l'angle voulu quel qu'il soit et l'évidement circulaire est conçu pour être armé puis rempli de béton afin de donner à cet angle la rigidité requise.

Et les vrais professionnels utilisent ces éléments. La preuve en images. Ci-contre et ci-dessous, une réalisation exemplaire faite par une entreprise à taille humaine de la région de Lannion.
Sur cette photo, un angle extérieur de 135 ° réalisé avec le "Pot multi-angles".

Regardez par ailleurs, les joints entre les rangs de brique. C'est la perfection absolue. Bien entendu ils sont réalisés au gabarit, ce qui leur assure une régularité remarquable.

Tant que vous y êtes, jetez aussi un coup d'oeil à l'enduit de soubassement. Il est réalisé avec un produit hydroguge incorporé dans la masse et le goût du travail soigné est là encore flagrant, ne serait-ce que par l'horizontalité de la démarcation entre cet enduit et le premier rang de briques.

La notion d'artisan au sens noble du terme prend tout son sens ici ! Les ouvriers qui ont réalisé cela aiment leur métier, c'est indéniable !

La preuve que les joints sont réalisés au gabarit, on la voit sur cette vue d'un tableau. Comme vous pouvez le constater, les deux bandes de mortier hourdex sont bien visibles et entre ces deux bandes, un vide d'air qui assure la rupture du pont thermique. Avec cette technique de pose, les performances maximales de la brique sont atteintes sur le plan énergétique (1m².°K/W annoncé par Bouyer Leroux).

Par ailleurs, ce vide d'air permet de stopper la pénétration d'une éventuelle humidité par le joint qui lui est relativement poreux.

Une vue intérieure d'un angle de mur. Que peut-on exiger de plus en termes de qualité de réalisation ?