Chauffage Isolation Ventilation

 

De nombreuses non-conformités pour cette réalisation :

1- la laine de verre est en contact avec le tuyau en traversée de plafond. L'accessoire requis n'a pas été utilisé. Il permet d'une part la fixation mécanique du tuyau et d'autre part il garantit l'écartement minimum entre la paroi externe du tuyau et l'isolant et les matériaux combustibles

2- la paroi externe du tuyau est à 5 cm de la ferme de charpente en lamellé collé. Le DTU 64.1 spécifie une distance de sécurité de 8 cm mini.

2- dans la hauteur de l'étage, le tuyau n'est pas à la distance recommandée par Poujoulat (5 cm de tout matériau même non combustible)

3- de ce fait, il a été nécessaire d'oter le pare-vapeur de la laine de verre (qui lui est combustible). Rupture de continuité du pare-vapeur ! Il s'agit d'une paroi verticale néanmoins et selon le service technique d'Isover interrogé sur le sujet, le pare-vapeur constitue plus un confort de pose qu'une nécessité fonctionnelle lorsqu'il s'agit d'une paroi verticale (ce qui n'est pas le cas pour une paroi horizontale). Question que l'on peut légitimement se poser : pourquoi alors s'échiner à jointoyer les lés par un scotch ?

Bien entendu, au RdC, la problématique est la même.

Conséquence de la proximité du tuyau et de la paroi verticale ! Le DTU 64.1 stipule qu'un tuyau métallique doit déboucher dans la totalité de son diamètre extérieur dans la pièce où il est raccordé. Comment le cheministe peut-il dans ce cas fixer la pièce d'adaption entre ce tuyau et le sien ?

Par ailleurs, un tuyau métallique ne doit en aucun cas être prisonnier d'une traversée de plafond. Là encore un accessoire adapté existe dont la fonction est double : assurer la fixation mécanique du tuyau et garantir le respect des distances minimales de sécurité.

Cerise sur le gâteau, un coffre a été réalisé dans la traversée de l'étage. Ce qui constitue un magnifique piège à calories. Interdit !

Et tout ça sous la conduite d'un agréé en architecture :-(((

Voilà manifestement un réseau de ventilation qui n'a pas du tout été pensé à la conception ! Bravo encore monsieur l'agréé en architecture. Résulat, on improvise sur le tas : coudes multiples, passage des gaines dans la laine de verre, contre-pentes et écrasement de ces gaines. Bref à coup sûr des pertes de charge hors normes et donc un réseau de ventilation qui fonctionnera mal. C'est quoi des pertes de charge déjà ?

Et voilà le résultat final. Même si c'est dans un placard, il faut n'avoir aucune fierté pour livrer une cochonnerie pareille !

Voyez comme tout a été bien pensé ! La preuve, c'est que ces deux gaines de ventilation devront être cachées dans un magnifique coffre aménagé contre la poutre en bois et ce sur toute la longueur du plafond de cette chambre. Par ailleurs, que reste-t-il de l'isolation verticale derrière ces gaines ? Un petit pont thermique en prime.
Voilà la bouche d'extraction en plafond de la cuisine. Pensez-vous que les débits d'air seront respectés ? Vous ne rêvez pas : il y a des professionnels qui osent livrer une installation en l'état !!!

Un autre chantier : la gaine de 150 mm supérieure correspond à l'extraction d'air vicié. Donc la sortie toiture. Comme vous pouvez le constater, elle a une pente négative et, non visible sur la photo, un creux suivi d'un tronçon avec pente positive. Cette gaine étant non isolée, l'hiver, la vapeur d'eau extraite condensera forcément (point de rosée) avec un risque de bouchage et donc plus de ventilation.

C'est un exemple flagrant de manque de suivi du constructeur, de coordination entre les artisans mais aussi un manque de bon sens. Pourquoi le couvreur a-t-il été mettre le chapeau de sortie aussi bas ? Il en faut un, je le mets et je me fous de son emplacement. Alors que si cette sortie toiture avait été positionnée à proximité du groupe d'extraction, il aurait suffi de 50 cm de gaine au lieu de 5 à 6 mètres. Mais si le constructeur ne donne pas de directives précises, on obtient ce genre d'aberration.

Encore une entorse aux DTU ! Ce tuyau PVC que vous apercevez dans les combles est celui de ventilation des chutes (ventilation du réseau des eaux usées). Faute d'avoir été prévu explicitement sur un plan d'exécution par le constructeur, le plombier ne l'a pas posé (pourtant, il devrait savoir que c'est obligatoire)! L'AMI s'en est inquiété. Et à la visite suivante, nous avons découvert ce tuyau de diamètre 40 mm alors que les règles de l'art imposent que le diamètre de la ventilation des chutes soit identique à celui du réseau lui-même. Ce réseau étant en diamètre 100 mm, il doit se prolonger ainsi jusqu'au chapeau de sortie.

A noter également la qualité de l'isolation. On ne le voit pas bien sur la photo, mais les épaisseurs de laine de roche déversée entre les solivettes sont très irrégulières et on peut s'interroger sur la conformité de la résistance thermique de cette isolation aux normes imposées par la RT 2005 ! Et pourtant, cette maison entrera dans les clous du diagnostic de performance énergétique puisque personne ne viendra vérifier la qualité de l'exécution. Par contre, il serait intéressant de faire une analyse infrarouge en hiver ...

Que reste-t-il de l'isolation dans ce cas précis ? En outre, la norme NF C15-100 impose que les canalisations électriques soient protégées des sources de chaleur externes (éloignement suffisant, écran, renforcément local de l'isolant, ...)

Le maître d'ouvrage a réalisé lui-même et avec soin l'isolation de sa maison. Voilà comment un plombier-électricien peut saccager un travail de qualité !

D'où l'importance lors de l'établissement des plans de penser au passage des gaines et canalisations de toutes sortes ...

Autre chantier.

S'il était encore besoin d'insister sur la nécessité de prévoir le passage des gaines et canalisations en tout genre, voici un exemple qui le démontre une fois de plus.

A votre avis que vaut la qualité de l'isolation derrière ce tuyau de ventilation des chutes ? Epaisseur des fermettes : 200mm. Diamètre du tuyau PVC : 100mm. Résultat, la laine de verre est compressée et son épaisseur réduite de moitié. Chacun sait que la laine de verre isole par l'air qu'elle contient. Dans ce cas, la majorité de l'air est chassé et donc le pouvoir isolant sérieusement réduit.

On notera par ailleurs que la réalisation de l'isolation des combles par de la laine de verre en rouleau que l'on découpe à la dimension de l'entraxe des fermettes n'est pas optimale.En effet, cet entraxe n'est pas constant, ce qui fait que parfois, la laine de verre est tassée ou alors elle ne remplit pas parfaitement le vide entre les fermettes.

Résultat, du tassement de la laine de verre par le tuyau PVC ? Eh bien ça donne ce qu'on voit sur la photo ci-dessous.

A l'emplacement exact de la canalisation, deux taches d'humidité apparaissent. Pourquoi à votre avis ? Point froid, condensation.

Et pourtant, cette réalisation est celle d'un constructeur qui par ailleurs fait des maisons en briques remarquables. Quel dommage que l'ensemble de la construction ne soit pas à l'unisson ;-(((

Cette réalisation date de fin 2009. On ne nous parle que de maisons BBC voire passives. Il reste de gros progrès à accomplir chez les professionnels pour atteindre ces objectifs.

Voilà une autre façon de faire. Cette photo montre montre la vue de dessous de la partie horizontale d'un comble isolé. Cette fois, la laine de verre utilisée est différente : panneaux rigides (135 x 60) de Rth = 3,1. Deux épaisseurs de 100 mm, soit la hauteur de la fermette d'où une Rth globale voisine de 6,2 (influence du bois).

Les panneaux sont coupés pour être parfaitement ajustés à l'écartement des fermettes. Difficile, voire impossible en effet de garantir un écartement rigoureusement constant des fermettes d'où la nécessité d'un ajustage. Les joints sont croisés entre les deux couches (réduction d'éventuelles fuites d'air).

Le pare-vapeur est constitué d'un film polyane, ce qui évite de scotcher les joints, opération toujours très difficile à réaliser dans la mesure ou le support est mou.

L'armature qui supporte le plafond en placoplâtre est accrochée à des suspentes vissées sur les fermettes (réglage de planéité au mm) et les canalisations électriques passent dans l'épaisseur de cette armature. Aucune compression de la laine de verre. De même les passages des canalisations et gaines vers la toiture (ventilation des chutes, VMC) sont soigneusement découpées et ajustées en diamètre afin de limiter au maximum les éventuelles fuites d'air.

Bien sûr, cette solution a deux gros inconvénients : elle est sensiblement plus chère et demande un temps de mise en oeuvre extrêmement long !